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Épiphanie - Quelques réflections (Mgr Francesco Follo)

ÉPIPHANIE

Épiphanie - Quelques réflections (Mgr Francesco Follo) :

… Mais chaque être humain est, dans un certain sens, Épiphanie de Dieu. Dieu a décidé de se révéler en se « cachant » dans chaque homme. Cet écrivain anonyme nous le rappelle et nous invite à chercher et trouver des traces du visage de Dieu dans le visage des frères :

« Il était une fois un moine appelé Épiphane. Un jour il découvrit un don qu’il ne pensait pas posséder : il savait écrire de belles icônes. Il voulait absolument peindre le visage de Jésus. Mais où trouver un modèle qui exprime, à la fois, la souffrance et la joie, la mort et la résurrection, la divinité et l’humanité ?

Épiphane se mit alors en voyage. Il parcourut la France, l’Italie, l’Allemagne, l’Espagne, examinant chaque visage. Rien : le visage qui pouvait représenter le Christ n’existait pas. Fatigué, il s’endormit en répétant les paroles du psaume : « Je cherche ton visage, Seigneur, montre-moi ton visage! ». Il fit un rêve.

Un Ange lui apparut, il le ramena auprès des personnes rencontrées et pour chaque personne il lui indiqua un détail qui rendait ce visage semblable à celui de Jésus : la joie d’un amoureux, l’innocence d’un enfant, la force d’un paysan, la souffrance d’un malade, la peur d’un condamné, la tendresse d’une mère, la consternation d’un orphelin, l’espoir d’un jeune, la joie d’un clown, la miséricorde d’un confesseur, le mystère du visage bandé d'un lépreux... Et alors, Épiphane comprit et retourna dans son couvent. Il se mit au travail et l’icône fut prête en peu de temps. Il la présenta à son abbé. Celui-ci fut surpris: elle était merveilleuse. Il voulut savoir qui était le modèle dont il s’était servi parce qu’il désirait le montrer aux autres artistes du monastère. Le moine répondit « personne, père, ne m’a servi de modèle, parce que personne n’est comme le Christ mais le Christ est semblable à tous. Tu ne trouves pas le Christ dans le visage d’un seul homme, mais tu trouves des fragments du visage du Christ en chaque homme. » …

 

… L’Epiphanie n’est pas seulement la manifestation de Jésus Christ, Fils de Dieu incarné et Rédempteur de toute l’humanité mais elle est aussi la solennité de l’adoration et de la donation.

Le texte de l’Evangile d’aujourd’hui nous rappelle l’arrivée des Mages à la grotte de Bethléem et les trois actions importantes de ces rois devant le Roi des juifs : prostration, adoration et donation.

Prostration : c’est l’attitude d’humble révérence envers une autorité morale et spirituelle. Jésus est reconnu, par les sages de son temps, comme l’autorité morale et religieuse à laquelle se confronter.

Adoration : c’est l’autre action que font les Mages devant Jésus. Ils adorent la divinité. Les païens adoraient les idoles. Dans un moment dramatique, les Juifs se construisirent un veau en or et l’adorèrent pendant que Moïse était sur le Mont Sinaï avec Dieu. L’homme se construit toujours des fausses idoles et les travaille comme une solution possible à ses propres problèmes existentiels.

Aujourd’hui encore, les idoles fascinent, celles du succès, du bien-être, de la carrière, du pouvoir économique, militaire, politique et religieux et tant d’autres qui poussent l’homme à offenser et à détruire d’autres hommes pour arriver à leurs buts. Au contraire, les Mages adorent le Dieu vivant qui, en cet enfant, pauvre, humble, dans cette crèche, attire avec juste raison toute leur attention et leur prière.

Donation : là où sont la bonté dans le cœur et l’ouverture à l’autre, il y a aussi presqu’instinctivement le don de soi à celui qui se trouve en face. Ici les Mages se trouvent en face du Roi des juifs et lui offrent trois dons, de l’or, de l’encens et de la myrrhe, pour faire ressortir sa royauté, sa mission, sa mort et sa résurrection. A travers ces dons, se trouve une signification spécifique qui peut être attribuée à l'Enfant Jésus, ce Fils de Dieu et Rédempteur de l’humanité. De plus, comme je l’ai mentionné ci -dessus, ils se donnent eux-mêmes.

Voilà la fête de l’Épiphanie qui ouvre indirectement sur une autre fête liturgique plus importante de l’Église catholique : la Pâques de Jésus qui s’est donné lui-même, complètement. Nous serons sages comme les Mages si, en prenant Jésus comme Chemin, nous prenons le chemin de la foi, le chemin de la conversion, le chemin de l’amour.