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Messe du Vœu des Echevins - Homélie de Mgr. G. PONTIER

Comme chaque année, pour la fête du Sacré-Cœur, notre archevêque a présidé, ce vendredi 12 juin, la messe du Vœu des Echevins en la basilique du Sacré-Cœur, en présence des autorités civiles et militaires.

Selon la tradition, Mgr Georges Pontier a prononcé une homélie sur un sujet d’actualité : en cette année marquée par le souvenir des génocides du XXe siècle et par de nombreux conflits dans le monde, il a invité à la conversion
des cœurs et souhaité la mise en œuvre de politiques vraiment au service de la paix, respectant la dignité de tout être humain.

Ce vendredi 12 juin à 18h30 en la basilique du Sacré-Cœur
Messe pour les chrétiens d’Orient, présidée par Mgr Georges Pontier, avec la communauté assyro-chaldéenne de Marseille, en présence de Mgr Ramzi Garmou, archevêque chaldéen de Téhéran (Iran)
et visiteur apostolique des chaldéens d’Europe.

Messe du Vœu des Echevins

Basilique du Sacré-Cœur

Vendredi 12 juin 2015

 

Homélie

L’environnement dans lequel se situe cette célébration du renouvellement du vœu fait par les échevins de la ville en pleine tourmente  et de la consécration de la ville au Sacré Cœur, cet environnement colore chaque année notre réflexion, habite nos pensées, accentue parfois nos perplexités.

 

Cette année, nous sommes marqués par le souvenir des drames du XXe siècle : celui de la guerre de 14-18, celui du génocide des Arméniens et déjà des chrétiens assyro-chaldéo-syriaques, le drame de la guerre de 39-45 avec la Shoah, cet impensable génocide de la population juive. Nous sommes également marqués par les conflits qui assombrissent notre temps : celui de la quasi-guerre entre l’Ukraine et la Russie avec ses répercussions sur toute l’Europe, ceux du Moyen-Orient, d’Irak, de Syrie, avec, particulièrement, le drame vécu par les populations civiles, condamnées au massacre ou à l’exil par des forces inhumaines et folles. Parmi ces victimes, le sort des minorités nous préoccupe d’une façon bien légitime, et tout spécialement celui des minorités chrétiennes vivant sur ces terres depuis 2000 ans et qui sont nos frères dans la foi. Ce soir, ici même, nous prierons pour eux et avec eux dans cette basilique. Nous sommes également marqués par ce drame qui se joue sur la Méditerranée, avec ces milliers et milliers de migrants fuyant des conditions de vie impossibles et voyant leurs rêves se transformer en naufrages oubliés.

A Sarajevo, dimanche dernier, le pape François dénonçait cette réalité « d’une sorte de troisième guerre mondiale livrée par morceaux », dans cette ville martyre où se reconstruisent des relations fraternelles entre les composantes diverses d’une population où chrétiens, musulmans et juifs cohabitent. Ce n’est pas cette composante plurireligieuse que le pape a désignée comme cause des conflits, mais bien les appétits de pouvoir, d’argent, d’intérêts personnels ou nationaux qui habitent le cœur de ceux qui, régulièrement, dressent les unes contre les autres des populations désireuses pourtant de vivre en paix.

Alors, cette année encore, notre contemplation du Christ en Croix, de son Sacré Cœur, vient désamorcer en nous les tentations de chercher des solutions aux conflits ailleurs que dans la conversion profonde des cœurs, ailleurs que dans l’élaboration de politiques vraiment au service de la paix, ailleurs que dans le soutien délibéré au développement équitable de tous les pays, ailleurs que dans le dialogue inlassable, celui que mènent les diplomates, mais aussi celui que chacun de nous est appelé à mener avec ceux qui sont animés par des convictions ou des religions différentes de la sienne, ailleurs que dans le choix de la fraternité universelle et du respect de la dignité de tout être humain comme fondement durable et véritable de la paix, ailleurs que dans le respect du droit international.

Oui, le Cœur de Jésus nous révèle que le lieu du premier combat est le cœur de chacun pour y vaincre les sentiments mortifères : ceux de la haine, du mépris, de la vengeance, de la domination facile, de l’orgueil  et de l’égoïsme insatiables, des formes diverses de racisme, des nationalismes étroits. Quand on contemple le Christ en se disant qu’on contemple les manières de Dieu, celles dont le Fils bien-aimé fait homme a vécu, on y trouve des lumières exigeantes mais porteuses d’espérance. J’en énumère trois ce matin.

Celle du refus de l’indifférence au sort des autres. Notre Dieu se révèle comme touché par le sort de ces hommes qu’Il aime. Il a déployé l’énergie de ses prophètes pour dénoncer les choix inhumains de son peuple. Par son Fils bien-aimé, Il a manifesté un amour inouï pour l’humanité dont l’apôtre Paul nous parlait tout à l’heure dans la lecture. Il est venu courir le risque du rejet, de la condamnation, de la mort, pour défendre les petits, les rejetés, pour changer les cœurs de pierre, pour faire taire les langues qui distillent le venin des oppositions et des mépris qui engendrent la mort.

Celle ensuite du refus d’utiliser la violence, la vengeance, comme solutions porteuses d’avenir. Ni la violence, ni la vengeance ne sont des manières de Dieu. Justifier leur usage comme fidélité à Dieu est le pire des sacrilèges et la pire des caricatures.

Celle enfin de la confiance en son Père, Maître de l’histoire, à qui il revient de triompher du péché, de la mort, de l’inhumanité des hommes.

Oui, puisons dans notre foi chrétienne la force d’aimer, la force de réconcilier, la force de la tendresse, de la fidélité, la force de la solidarité, celle de la fraternité humaine.

Et déjà commençons ici, à Marseille, dans notre ville plurielle. Montrons qu’il est plus agréable et humain de se parler, de se connaître, de s’accueillir,  de se respecter, que de se stigmatiser, de s’ignorer, de se soupçonner. Par nos engagements et nos décisions, donnons au plus grand nombre des raisons d’espérer, tendons à chacun des mains fraternelles. A la manière de ceux qui se sont solidarisés pour lutter contre la peste de leur temps, nous aussi, mettons-nous au service de tous. Et pour être certains de nous y mettre, commençons par entendre ceux qui sont le plus en souffrance.

Que le Sacré Cœur de Jésus nous soit modèle et soutien, conseil et force. Que nous trouvions notre bonheur et notre fierté à chercher à œuvrer pour le bonheur du plus grand nombre.

+ Georges Pontier

Archevêque de Marseille

A suivre sur le site du diocèse http://marseille.catholique.fr et dans Eglise à Marseille du 15 juille

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